Séance difficile sur le CAC 40 : net recul sous la pression obligataire
Le CAC 40 a essuyé une séance particulièrement rude, sanctionnant la hausse inexpliquée de la veille. Après une ouverture sous la zone des 7 860 points, l’indice parisien est venu tester le niveau des 7 800 points avant de clôturer à 7 811,26 points, concédant une perte de 1,39 %. Ce décrochage s’explique par la hausse continue des cours du pétrole qui répercute ses effets sur les taux d’emprunt français. Au niveau des indicateurs techniques, les histogrammes du MACD confirment le retour d’une dynamique baissière tandis que le RSI se neutralise. La séance s’est accompagnée de volumes nettement supérieurs à la moyenne, renforçant la conviction du flux vendeur.
Flambée de l’OAT 10 ans et divergence avec l’Allemagne et les États-Unis
Le moteur de la baisse actuelle provient du marché obligataire. Le rendement de l’emprunt d’État français (OAT 10 ans) accélère à la hausse au-delà des 5 %, avec des cours affichant un gap haussier. L’écart d’écartement (spread) avec le Bund allemand s’établit à 175 points de base, contre 159 points la veille, marquant une trajectoire quasi exponentielle alors que les taux allemands continuent de se détendre. Fait marquant, le taux souverain français dépasse désormais le taux américain à 10 ans, ce dernier étant repassé sous la barre des 5 %. Cette tension isolée sur la dette française fait peser un risque d’accélération baissière sur la place parisienne si la contagion obligataire venait à reprendre à l’échelle mondiale.
Scénarios techniques sur le CAC 40 : les 7 800 points sous surveillance
Graphiquement, l’indice a oscillé entre la bande de Bollinger inférieure et la moyenne mobile à 20 jours exponentielle (EMA 20). Deux cas de figure se dessinent :
- Une rupture nette des 7 800 points ouvrirait la voie à une reprise baissière confirmée sous les 7 680 points. Ce scénario orienterait les cours vers les creux de mars situés sur le support des 7 510 points, avec une étape intermédiaire à 7 620 points.
- Pour neutraliser cette tendance négative, il faudrait s’affranchir de l’EMA 20, franchir le sommet récent des 7 980 points (marqué le 16 octobre) et réintégrer la zone des 8 030 points sans la valider comme résistance. À court terme, les contrats à terme suggèrent une temporisation autour de 7 840 points grâce aux bons résultats de L’Oréal, première pondération de l’indice, mais les probabilités statistiques penchent pour une poursuite de la volatilité vendeuse.
Palmarès des actions parisiennes : le luxe et l’industrie pénalisés
Au sein de la cote parisienne, Pernod Ricard signe la meilleure progression avec un gain de 3,05 %, suivi par Eurofins Scientific, Danone, Euronext, Bureau Veritas et Dassault Systèmes, qui avancent de 2 % à 3 %. À l’inverse, Legrand subit la plus forte baisse (-5,83 %), accompagné de Schneider Electric (-5,36 %) dans un secteur électrique pénalisé par le repli des valeurs technologiques liées à l’IA. Hermès (-4,94 %) recule lourdement après ses résultats, entraînant dans son sillage le secteur bancaire avec BNP Paribas et Société Générale, ainsi que STMicroelectronics, tous en repli de 4,5 % à 5 %.
DAX, Euro Stoxx 50 et Wall Street : fragilité et divergences marquées
Sur les autres places européennes, le DAX fait preuve de résilience en maintenant une dynamique légèrement haussière au-dessus de sa moyenne mobile 20 exponentielle, dans l’attente d’une cassure des 25 760 points pour confirmer son élan, avec un niveau d’alerte sous 25 180 points. L’Euro Stoxx 50 adopte en revanche une posture bien plus fragile, semblable au CAC 40 : la rupture des 6 200 points expose l’indice européen à un retour vers les 6 000 voire 5 800 points. Outre-Atlantique, le S&P 500 évolue sous ses moyennes mobiles et surveille le support des 7 620 points. De son côté, le Nasdaq subit directement les dégagements sur le compartiment de l’intelligence artificielle : l’indice technologique teste le support des 28 940 points, risquant une chute vers 28 500, 28 250 ou 27 325 points en cas d’enfoncement.
Matières premières, devises et cryptomonnaies : pétrole fort et or en repli
Le pétrole Brent de la mer du Nord poursuit sa poussée haussière au-dessus des 110 dollars le baril (autour de 113 dollars sur l’échéance décembre), entretenant les craintes inflationnistes et la hausse des rendements obligataires. L’once d’or valide quant à elle un signal de relance baissière sous les 4 100 dollars, avec des volumes étoffés, visant 3 980 – 3 975 dollars puis le support des 3 890 dollars. Sur les devises, l’apparente stabilité de l’EUR/USD masque une faiblesse conjointe de l’euro et du dollar face à d’autres monnaies (notamment l’EUR/GBP et l’USD/JPY). Enfin, l’écosystème crypto subit un net reflux : le Bitcoin bute sur les 84 700 dollars et revient tester son support des 81 000 dollars (avec les 75 000 dollars en surveillance majeure), tandis qu’Ethereum tente de préserver son plancher à 2 380 dollars sous peine de glisser vers 2 170 puis 1 930 dollars.