Ce fut une journée mémorable pour les marchés d’actions américains ; le S&P 500 et le Dow Jones ont atteint des records en cours de journée et en clôture, le premier atteignant à un moment 3960 puis clôturant à 3938 et le second clôturant juste sous le niveau de 32 500. Le Russell 2000 a également atteint un niveau record à la clôture.
Mais c’est le Nasdaq 100 qui a été le plus performant des principaux indices jeudi, avec une hausse de 2,4 % qui lui a permis de franchir la barre des 13 000, et ce malgré une hausse des rendements des obligations d’État américaines à long terme (qui a pesé sur les valeurs de la grande technologie et de la « croissance » récemment), les rendements des obligations d’État américaines à 30 ans ayant augmenté de 4,4 points de base pour dépasser 2,28 %.
En ce qui concerne les secteurs, la reprise des grandes entreprises technologiques (Apple +1,7 %, Microsoft +2,0 %, Google +3,2 %, Facebook +3,4 %, Amazon +1,8 %) a propulsé les secteurs des technologies de l’information et des services de communication du S&P 500 en tête du tableau des performances sectorielles, avec des hausses respectives de 2,1 % et 1,8 %. Le secteur de la consommation discrétionnaire de l’indice S&P 500 a progressé de 1,6 % dans le contexte d’une reprise de 4,7 % de sa principale composante, Tesla. Les secteurs plus défensifs tels que les biens de consommation de base (-0,2 %), les services publics (-0,3 %) et les services financiers (-0,3 %) ont sous-performé dans un contexte où les marchés boursiers sont davantage orientés vers le risque.
Un certain nombre de développements positifs ont stimulé l’appétit pour le risque jeudi. Tout d’abord, le président américain Joe Biden a signé jeudi son plan de relance budgétaire de 1,9 milliard de dollars (comme prévu) et il est question que les chèques de relance arrivent dans les mains des bénéficiaires dès le week-end ; notez que l’on fait grand cas du fait que les chèques de relance sont susceptibles d’entraîner une augmentation des flux d’argent des investisseurs particuliers vers les marchés d’actions – il sera intéressant de surveiller toute nouvelle concernant l’augmentation des dépôts des investisseurs particuliers ou l’intérêt pour les applications axées sur les particuliers comme Robinhood au cours du week-end.
Les derniers rapports suggèrent qu’il pourrait coûter jusqu’à 2,5 milliards de dollars sur les quatre prochaines années et contenir des mesures visant à améliorer la compétitivité des États-Unis par rapport à la Chine, tandis que d’autres rapports suggèrent que le point de départ des négociations sur le plan de relance pourrait être une facture de 1,5 milliard de dollars. M. Biden donnera plus de détails sur ses espoirs/plans concernant le plan de relance vendredi, après avoir signé le plan de sauvetage.
Il convient de noter que les prévisions actualisées du FMI pour l’économie américaine prévoient que le plan de relance de 1,9 milliard de dollars que M. Biden vient de faire approuver par le Congrès augmentera le PIB américain de 5 à 6 % au cours des trois prochaines années. Un autre plan de plusieurs milliards de dollars ne ferait que stimuler davantage la reprise économique, d’où l’optimisme observé sur les marchés des actions.
Par ailleurs, et pour contribuer à l’optimisme relatif du marché jeudi, les chiffres hebdomadaires des demandes d’allocations de chômage aux États-Unis ont été meilleurs que prévu ; pour le week-end se terminant le 6 mars, 712 000 Américains ont demandé des allocations de chômage, ce qui est légèrement inférieur aux prévisions de 725 000 inscriptions. Entre-temps, le nombre d’Américains qui ont continué à demander des allocations de chômage au cours de la semaine se terminant le 27 février a été légèrement inférieur aux prévisions, à 4,144 millions, alors que le consensus s’attendait à un chiffre plus proche de 4,22 millions. Ces chiffres font suite au rapport NFP de février de la semaine dernière, et il est évident qu’une reprise plus forte du marché du travail aux États-Unis est de bon augure pour la reprise économique et la reprise des bénéfices des entreprises.
Ailleurs, et peut-être en second plan par rapport aux thèmes susmentionnés mais qui méritent d’être soulignés, les nouvelles concernant les vaccins ont été pour la plupart positives ; Pfizer et BioNTech ont présenté des données réelles pour leur vaccin qui ont montré qu’il était efficace à 94 % pour prévenir les cas asymptomatiques de Covid-19 et à au moins 97 % pour prévenir les cas symptomatiques du virus, sur la base de données recueillies auprès de participants qui ont pris le virus à deux semaines d’intervalle. Novavax a également présenté récemment des données confirmant le haut niveau d’efficacité de son vaccin contre les souches britannique et sud-africaine du Covid-19.
Pendant ce temps, des rapports européens ont établi un lien entre le vaccin d’AstraZeneca (qui, pour rappel, s’est également avéré très efficace pour prévenir l’infection par le Covid-19 d’après des données réelles recueillies au Royaume-Uni) et des caillots sanguins ; un certain nombre de pays européens ont paniqué et ont interrompu le déploiement de ce vaccin, bien que les responsables de la santé d’autres pays aient rapidement démenti le lien entre les caillots sanguins et le vaccin en le qualifiant de fake news. Cette nouvelle n’a pas eu d’impact sur les actions américaines.