
Jusqu’ici, le rebond massif (de plus de 40% sur le CAC40) s’est expliqué principalement par
- le retour de la confiance des investisseurs avec la multiplication des déconfinements dans le monde et
- les politiques centrales visant à des injections record de liquidités. Bref, la réalité économique a été mise de côté…
UN REBOND CONFRONTÉ À LA RÉALITÉ ÉCONOMIQUE
Après une intensification du rebond, les marchés ont revus leur position avec les annonces de la FED. Celle-ci anticipe un PIB en recul de 6,5% en 2020 aux USA, et un taux de chômage à 9,30%. La FED reste ainsi particulièrement vigilante à l’inflation et précise dans un communiqué : “La crise sanitaire actuelle pèsera lourdement sur l’activité économique, l’emploi et l’inflation à court terme, et fait peser des risques considérables sur les perspectives économiques à moyen terme“
En conséquence, la FED garde ses taux entre 0% et 0,25%, par l’instabilité économique majeure à moyen terme mais aussi la peur du contre-effet inflationniste extrêmement persistent à moyen et long terme. L’inflation est donc à surveiller de près car elle incite et incitera probablement d’autres banques centrales à modifier leur politiques monétaires dans les prochains mois. Incitation à modifier leur politiques monétaires qui pourrait aussi se faire avec la hausse du dollar qui découle des décisions des derniers jours. On notera que l’euro aura cédé 1,8% face au dollar en même temps que la chute des indices. Le Yen, comme le dollar, reprend lui aussi du terrain et réaffirme lui aussi sa qualité refuge.
Malgré cette correction, le marché action reste encore économiquement dans une “survalorisation” à moyen terme au regard de la chute de 50% (attendue) des bénéfices (Stoxx 600) au T2, de la chute du PIB, et de la reprise incomplète de l’activité. Le marché pourrait donc être susceptible de mesurer à nouveau le risque dans les mois et/ou semaines à venir.
L’INFLATION COMME PRINCIPALE MENACE ?
Le problème actuel de l’inflation peut se résumer à la baisse de la productivité (10% à 15% en 2020 pour certaines estimations), à la hausse des coûts au sens large (à cause du poids des dettes, etc…), et aux injections massives de liquidités couplé à un contexte de fond encore déflationniste sur les marchés, ce qui alimente la hausse des prix courants. On notera également l’importance de l’inflation pour le marché obligataire. Marché obligataire qui est probablement le plus sous tension. Le taux américain 10 ans est en hausse à 0,71%.
L’instabilité des prix est donc un fort élément de variation des marchés à moyen terme. Instabilité des prix qui serait d’autant plus visible dans une situation de fort rebond économique.


