Face à la menace de la seconde vague de Covid-19, les marchés se sont confrontés à un nouveau plafond de verre, sur craintes économiques et ralentissement des soutiens centraux.

Où en est-on ?
D’après l’Insee, l’économie française tourne à plus de 90% de ses capacités de production habituelles, après son point bas en mars à 63%. Au niveau des économies nationales donc, on assiste bien à un rebond évident. Cette reprise a été nettement positive aux États-Unis, avec par exemple un taux de chômage qui est passé de 14,7% en avril à 11,1% en juin. À noter cependant que ce taux de chômage reste historiquement élevé (record depuis la Grande Dépression). Le dernier pic majeur (10,8%) fut en 1982 après la décision de la FED de stopper l’inflation, puis en 2009 (10%).
Pourtant, les re-confinements et la progression de la pandémie dans le monde restent un frein majeur à une reprise de l’activité. Le commerce mondial devrait rester encore fortement impacté (on rappellera que l’OMC prévoit un chute du commerce mondial pouvant aller jusqu’à plus de 30%), et il n’y aura pas non plus de pays moteurs dans la reprise mondiale. De leur côté, les Banques centrales, qui ont alimenté la majeure partie du rebond sur actions, commencent à ralentir leurs rachats, voire à diminuer leurs actifs pour la FED. Le ralentissement des soutiens centraux ajouté au risque économique des prochains mois est donc bien une menace baissière à surveiller sur le marché, qui persistera probablement avant et après la rentrée.
Relance ou soutien ?…
Nous sommes face à un point de retournement économique à moyen terme, voire même à long terme (rééquilibrage économique). Bien sûr, l’économie ne peut (pouvait) que récupérer économiquement des derniers mois de confinement. Pourtant, les chiffres nous montrent bien que l’économie reste très fragile. L’agence de notation S&P Global Ratings s’attend à des défauts de paiements sur crédits pouvant atteindre 2100 milliards sur les deux prochaines années dans le contexte actuel. Taux de défaut que certains économistes estiment pour la France entre 30% et 50% des prêts garantis par l’État. La situation économique est donc d’une extrême fragilité.
La seconde vague pourrait nous coûter plusieurs points de PIB, et mettre à mal une situation extrêmement dégradée pour l’offre en termes de dettes et de fonds propres, et psychologiquement stratégique pour la consommation des ménages. La reprise de court terme fait face à un plafond de verre de moyen terme qui pourrait signifier une importante aggravation de la situation à la rentrée. Car en effet, à l’opposé du début d’année, l’économie ressort de profonds troubles qui constitueront un effet multiplicateur au ralentissement à venir en plus d’être une source d’inefficience pour d’éventuels plans de relance, voire de soutien.
